le résumé

Au moment où l’automne se rapproche, on prend certaines résolutions en vue de la rentrée pour racheter les petites insouciances de l’été. Retourner au gym plus régulièrement, couper un peu les apéros, ou réévaluer ses habitudes alimentaires.

Bien manger est sans contredit l’un des éléments clés pour garder une bonne santé. C’est aussi vrai quand on vit avec le VIH, souvent associé à une inflammation chronique. L’alimentation est l’une des armes les plus efficaces contre celle-ci, réduisant considérablement les risques qui y sont associés.

les détails

À l’instar d’autres maladies chroniques, le VIH cause de l’inflammation, que les médicaments antirétroviraux arrivent à réduire, sans toutefois l’éradiquer complètement.    

L’inflammation joue un rôle crucial : elle constitue la réponse de l’organisme à une agression. C’est une réaction de protection immunitaire contre des agents chimiques (poison, mercure, etc.), physiques (irradiation, traumatisme, etc.) ou infectieux, comme les bactéries ou les virus. Elle peut être aiguë — et éventuellement disparaître — ou chronique, c’est-à-dire qu’elle persiste. Le système immunitaire est alors sans cesse sollicité. 

Inflammation chronique et VIH

C’est malheureusement le cas pour les personnes séropositives. Le site de CATIE explique : le tube digestif (le plus grand organe du système immunitaire) contient des cellules de « réponse immunitaire », soit le tissu lymphoïde du tube digestif, dont le rôle est de protéger le corps contre les agressions. Le VIH s’attaque à ce tissu lymphoïde, ceci permettant à des germes d’entrer dans le système circulatoire et de causer une inflammation dans l’organisme. Celle-ci augmente les risques de diabète, de maladies du cœur, du foie ou du rein, et de dépression. Les médicaments antirétroviraux réduisent en partie cette inflammation, mais ne peuvent l’enrayer. C’est ici que l’alimentation prend toute son importance, car elle contribue à améliorer la capacité du système immunitaire de répondre aux infections.

Alimentation et VIH

Certaines PVVIH peuvent rencontrer des problèmes de nutrition. L’infection de cellules immunitaires de l’intestin peut être un obstacle à l’absorption des nutriments et des médicaments antirétroviraux, pouvant entraîner des carences vitaminiques ou en minéraux.

L’organisme des PVVIH étant engagé dans une lutte contre le VIH, il peut être plus exposé à d’autres types d’infections. Si les traitements antirétroviraux, en rendant la charge virale indétectable, a transformé ce combat autrefois perdu d’avance, il demeure qu’une bonne alimentation et un mode de vie sain jouent un rôle incontournable dans le maintien de la santé et de la qualité de la vie — comme chez toute personne, d’ailleurs. Dans certains cas, il peut valoir le coup d’obtenir des conseils de nutrition auprès d’un professionnel.

Alimentation et autres maladies chroniques

Il en va de même pour la plupart des autres maladies chroniques. Le rôle de l’alimentation en est un de protection contre les maladies auxquelles les PVVIH sont plus exposées en raison de leur séropositivité, par exemple le diabète et les maladies cardiovasculaires, surtout en présence de surpoids — les PVVIH font face, en matière de prise de poids, aux mêmes défis que tous doivent surmonter.

Alimentation et cancer

Dans son livre Anticancer, le Dr David Servan-Schreiber soulignait les effets néfastes de l’inflammation, et l’importance de la contrer, notamment en consommant des aliments anti-inflammatoires (et également des produits pharmaceutiques, lorsque les médecins le recommandent). Plus près de nous, Richard Béliveau, docteur en biochimie, dans son livre Les Aliments contre le cancer, nous livre le fruit de ses recherches, en nous guidant vers la consommation d’aliments qui créent un environnement hostile au développement de tumeurs cancéreuses.

Quoi manger ?

L’inflammation fait donc l’objet de multiples recherches. Un grand nombre de régimes « anti-inflammatoires » sont proposés sur le Web ou dans des livres. Il faut toujours être prudent lorsqu’on adhère à l’un ou l’autre de ceux-ci, car ils peuvent provoquer des carences, ne pas convenir aux besoins spécifiques selon la personne ou contenir des éléments qui entrent en conflit avec certains traitements.

Le site CATIE recommande, plus prudemment, de « recentrer l’alimentation », pour réduire l’inflammation chronique, en résumant simplement ce qu’il convient de faire remplacer une alimentation riche en viande rouge et en aliments fortement transformés par un régime offrant plus de grains entiers, de fruits et de légumes et de bonnes sources de protéines. On y recommande de réduire la consommation des aliments reconnus comme favorisant l’inflammation : sucre, pain blanc, pâtes blanches et riz blanc, gras trans ou hydrogénés, alcool. On y explique également que les moteurs d’une alimentation anti-inflammatoire sont les acides gras oméga-3, les antioxydants et les fibres.

les conseils du pharmacien

Changer ses habitudes alimentaires, ce n’est pas si difficile. Les ressources aujourd’hui disponibles rendent ce projet réalisable. Une alimentation saine et équilibrée, de l’activité physique régulière, un bon sommeil et une réduction du stress apportent des bienfaits dont les effets se font ressentir à court terme.

En tout temps, vous pouvez communiquer avec votre pharmacien pour obtenir plus d’information et recevoir des conseils. Il se fera un plaisir de vous diriger vers les ressources professionnelles appropriées, notamment un service de nutrition.

liens utiles

Un guide pratique de la nutrition pour les personnes vivant avec le VIH
CATIE

Quelle alimentation pour une personne séropositive ?

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