le résumé

Alors qu’elle était pratiquement disparue à la fin des années 1990, la syphilis refait surface un peu partout, notamment en Amérique du Nord et en Europe. Cette résurgence touche principalement les hommes qui ont des relations sexuelles avec d’autres hommes (HARSAH).

Au Québec, plus de 600 cas ont été diagnostiqués en 2015. Dans la ville de Las Vegas seule, la situation semble prendre une allure quasi épidémique : 700 nouveaux cas ont été relevés pour cette même année. Les HARSAH constituent le groupe où l’on retrouve la majorité des nouveaux cas de syphilis.

les détails

Causes possibles de la syphilis

La recrudescence des pratiques sexuelles à risque, également à l’origine d’une augmentation des autres infections transmises sexuellement et par le sang (ITSS), contribue à cette réapparition inopportune. L’abandon du condom, l’utilisation plus répandue de méthamphétamine et d’agents proéréctiles (Viagra, Cialis), les rencontres Internet, ainsi que la multiplication des partenaires anonymes sont des facteurs contributoires probables. Seul le port du condom prévient la transmission de la syphilis et des autres ITSS lors des relations sexuelles. 

On constate que le VIH fait moins peur. Les antirétroviraux ont fait en sorte que l’infection se traite aujourd’hui à la manière d’une maladie chronique, et ne se rend que très rarement au stade le plus avancé, le SIDA. Par ailleurs, l’avènement récent de  la « PrEP » permet à une personne séronégative exposée au VIH de réduire son risque d’infection. La disponibilité de ces médicaments a eu le regrettable effet de donner un faux sentiment de sécurité à la fois aux personnes vivant avec le VIH (PVVIH) et aux personnes séronégatives. Ceci peut les conduire à abandonner le port systématique du condom.

Transmission de la syphilis

La syphilis est une ITSS causée par une bactérie, le treponema pallidumElle est transmise par contact avec une personne infectée, lors de rapports sexuels anaux, oraux ou vaginaux, par le partage de jouets sexuels ou d’aiguilles hypodermiques, ou encore d’une mère à son bébé lors de la grossesse ou, plus rarement, de l’accouchement. 

Prévention et traitement de la syphilis

Le port du condom combiné à des dépistages réguliers demeure le meilleur moyen de protection. En cas d’apparition d’ulcères, boutons ou rougeurs, l’abstinence et une consultation médicale rapide s’imposent. Afin de briser la chaîne de transmission et éviter la réinfection, il est essentiel, lors d’un dépistage positif à la syphilis, de prévenir ses partenaires sexuels des derniers mois (le nombre de mois varie selon le stade de la maladie). Heureusement, contrairement à autrefois, la syphilis est aujourd’hui traitée relativement facilement. On peut désormais compter sur des antibiotiques très efficaces.

Stades et symptômes de la syphilis

Lorsqu’elle n’est pas traitée, la maladie peut évoluer en trois stades cliniques : primaire, secondaire et tertiaire. La syphilis latente est une période asymptomatique entre les stades secondaires et tertiaires.

Stade primaire : Pendant cette phase, un ulcère superficiel et non douloureux, qu’on appelle chancre, apparaît au site où la bactérie a pénétré. Le chancre peut généralement être observé après une période d’incubation variant entre 10 à 90 jours (moyenne 3 semaines).

Stade secondaire : La syphilis évolue vers la phase secondaire en 4 à 10 semaines (parfois plusieurs mois) après l’apparition du chancre. Cette phase est caractérisée par la survenue d’une éruption cutanée (rash). Celle-ci peut prendre diverses formes et toucher, notamment, la paume des mains et la plante des pieds. Le patient atteint peut aussi présenter des symptômes grippaux tels que : de la fièvre, des douleurs musculaires et de la fatigue.

Stade tertiaire : Cette phase survient en moyenne 5 à 30 ans après l’acquisition de l’infection. Lorsqu’elle évolue vers ce stade, la syphilis peut causer de graves atteintes cardiaques, neurologiques et ostéoarticulaires.

La syphilis et le VIH

La syphilis, comme les autres ITSS, augmente le risque d’acquisition et de transmission du VIH. De manière générale, les plaies et les lésions aux sites génitaux et anaux agissent comme des portes d’entrée (ou de sortie) pour le VIH.

L’interaction entre la syphilis et le VIH est complexe et demeure le sujet de nombreuses études. Selon certains rapports de cas, la présence du VIH pourrait affecter le cours naturel de la syphilis. Ses symptômes et son évolution pourraient différer chez le patient infecté par le VIH. Le dépistage régulier de la syphilis, comme des autres ITS, devrait se faire systématiquement chez les PVVIH, surtout en cas de pratiques sexuelles à risque.

les conseils du pharmacien

Pendant des siècles, la syphilis a revêtu un caractère presque mythique. Elle a emporté un grand nombre de gens connus et admirés aux mœurs présumées légères : des poètes, musiciens, écrivains tels Charles Baudelaire, Franz Schubert et Guy de Maupassant. Les traitements étant pratiquement inexistants, et de toute façon inefficaces, on en mourait. 

Heureusement, ce n’est plus le cas aujourd’hui. Bien sûr, mieux vaut prendre les moyens pour éviter de la contracter et porter le condom. Mais en cas de doute, après un rapport sexuel non protégé, n’hésitez pas à en parler à votre pharmacien qui vous conseillera probablement de prendre rendez-vous pour que l’on procède à un dépistage par analyse sanguine. 

liens utiles

La syphilis
Feuillet d’information — CATIE

Qu’est-ce que la syphilis?
Clinique médicale l’Actuel

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